Confession (très sérieuse) d’une formatrice joueuse qui n’a jamais perdu son âme d’enfant

Je me suis toujours méfiée des silences.
Ceux gênés des apprenants en formation, ceux pesants de la peur de se tromper, et pire encore... ceux d'un ennui poli (surtout en réunion...).
Alors un jour - sans doute un jour de grande audace ou d'exaspération pédagogique - j'ai posé sur la table non pas un manuel, mais... un jeu. Oui, Mesdames et Messieurs, j’ai osé. J’ai sorti un jeu de l’oie. Avec des petits animaux rigolos. Je me suis dit : « Voyons si le souvenir du doudou peut terrasser la peur du PowerPoint. »
Et là, surprise. Énorme.
Ils ont rigolé. Ils ont joué. Ils ont retenu.
Gamification ou la revanche de l’enfance sur les présentations longues et magistralement ennuyeuses (souvenirs persos, pour le coup !)
La gamification n’est pas une coquetterie d’andragogie. Non, c’est une science, presque une philosophie : injecter dans l’apprentissage des ressorts de jeu. Quizz, missions, points, niveaux… et voilà que l’on apprend sans avoir l’air d’apprendre, comme on digère mieux le repas du dimanche midi chez mamie, quand on rit à table.
Gilles Basset, éminent directeur de programme à Emlyon Business School, le dit très sérieusement : le jeu, c’est l’engagement. Une promesse de dopamine, d’endorphine et d’ocytocine. Traduction ? Du plaisir, du lien et du bien-être. Bref, le triangle d’or de toute formation qui ne veut pas finir en sieste collective.
Mais l’andragogie dans tout ça ?
Et bien elle repose tout simplement sur une idée simple mais souvent oubliée : l’adulte apprend mieux s’il comprend pourquoi il apprend… et surtout s’il y prend goût.
Eh bien figurez-vous que les jeux, même les plus farfelus, redonnent aux apprenants ce goût-là. Le goût d’essayer, de se tromper, de recommencer. Et miracle pédagogique : ils n’ont même plus peur de l’échec. Parce qu’en jouant, l’erreur devient partie du décor !!
Identifier la source d’une émotion — frustration, peur, fatigue, besoin non exprimé — permet de reprendre les commandes avant de réagir.
Cela évite les dérapages de communication et les regrets de propos tenus.
Faites tourner les hormones du bonheur !
Ce que j’ai observé, et que les neurosciences confirment (elles ont bon dos, mais cette fois elles ont raison), c’est que le jeu stimule le cerveau : la dopamine, cette chipie, récompense nos victoires. L’endorphine nous déstresse. L’ocytocine crée du lien.
Un trio gagnant et bien plus efficace qu’un café tiède et un slide gris/rouge/blanc… (ça sent le vécu 😊)
Le plus beau dans tout cela ? Ces ondes positives se propagent. De l’apprenant au collègue, du collaborateur au manager, et pourquoi pas jusqu’à la famille.
Une journée de formation joyeuse, c’est un dîner de famille plus détendu.
Croyez-moi, on fait moins la tête en rangeant le lave-vaisselle quand on a gagné un jeu 3 heures avant




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